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J'ai construit un outil RAG pour les avocats québécois — voici ce que j'ai appris

Je suis développeur et entrepreneur. J’ai toujours eu une fascination pour le droit — pas pour plaider, mais pour la rigueur que ça demande, la précision du langage, la logique derrière chaque argument.

Ma première tentative de jumeler ces deux mondes s’appelait Design Légal — un service de développement web spécialisé pour les cabinets d’avocats. Le problème : la compétition était féroce, et pour survivre il aurait fallu que je sacrifie la qualité. Pour moi, c’était impensable. J’ai fermé le projet.

Mais l’idée de construire quelque chose pour le monde juridique ne m’a jamais quitté.

L’angle mort du marché

En explorant les outils d’IA juridique existants, j’ai remarqué quelque chose : presque tout est conçu pour les grands cabinets. Les budgets imposants, les équipes IT dédiées, les contrats annuels à cinq chiffres. Les avocats solos et les petits cabinets — qui représentent une énorme partie de la profession — sont complètement laissés de côté.

C’est là que Galahad est né.

Pourquoi le droit de la famille

Une fois que j’avais identifié ma cible, je devais choisir un domaine de pratique. Je ne voulais pas un outil générique — un assistant qui répond à tout en surface et ne maîtrise rien en profondeur.

Le choix a été facile. Le bien-être des enfants m’a toujours tenu à cœur. Le droit de la famille québécois — garde, pension alimentaire, mesures provisoires — touche directement des familles en situation de vulnérabilité. Si Galahad peut aider un avocat à travailler plus vite et plus précisément sur ces dossiers, ça a du sens au-delà du business.

Ce que j’ai appris en construisant Galahad

Je n’étais pas avocat. Je ne le suis toujours pas. Mais construire Galahad m’a forcé à comprendre comment les avocats travaillent vraiment.

Ce qui m’a le plus surpris : les avocats ne travaillent pas de mémoire. Ils construisent leurs arguments en combinant le Code civil du Québec, le Code de procédure civile, et la jurisprudence — des décisions rendues par des juges dans des cas similaires. Chaque argument doit s’appuyer sur un texte, une décision, une autorité.

C’est ce qui a dicté l’architecture de Galahad. Ce n’est pas un chatbot qui paraphrase. C’est un moteur de recherche sémantique qui retrouve les bons articles de loi et les bonnes décisions de la Cour supérieure du Québec — et qui cite ses sources.

Les défis techniques

Deux m’ont particulièrement marqué.

Le premier : faire lire des PDF à l’application côté serveur. La librairie que tout le monde utilise fonctionne parfaitement en développement local, mais crashait silencieusement une fois déployée sur Vercel. La cause était enfouie dans une dépendance qui supposait l’existence d’un navigateur — ce qui n’existe pas dans un environnement serveur. Il a fallu trouver une alternative conçue spécifiquement pour ce contexte. Simple en apparence, deux jours de débogage en réalité.

Le deuxième : équilibrer les sources de recherche. Galahad cherche simultanément dans les sources publiques (C.c.Q., jurisprudence) et dans les documents privés du cabinet. Le problème : avec des milliers de décisions publiques dans la base, elles écrasaient systématiquement les documents du cabinet dans les résultats — même quand ces documents étaient plus pertinents. La solution a été de traiter les deux sources séparément, en garantissant à chacune une place dans la réponse finale.

Ce genre de problème, on ne le voit pas dans les tutoriels.

Où en est Galahad

L’outil est en production. Le RAG fonctionne. L’agent widget — qui permet aux clients d’un cabinet de poser des questions et de prendre rendez-vous directement — est opérationnel.

Ce que je cherche maintenant : des avocats solos ou de petits cabinets en droit de la famille qui voudraient tester Galahad gratuitement pendant 3 mois, en échange de feedback honnête.

Si vous êtes avocat, ou si vous connaissez quelqu’un qui l’est, je veux vous entendre.

Ce qui s’en vient

Deux fonctionnalités sont en développement.

La première : un add-in Word. Les avocats rédigent leurs actes et leurs procédures dans Word — Galahad sera directement intégré dans leur environnement de travail, sans changer leurs habitudes.

La deuxième : un portail client. Les clients pourront suivre l’avancement de leur dossier, consulter leurs documents et communiquer avec leur avocat depuis un espace dédié.


Eric Ouellette — Fondateur de Galahad